Comme nous l’analysions dans notre Rétrospective 2025 , l’année dernière fut marquée par un marché du talent « à deux vitesses ».
Ce fut une année de contrastes : d’un côté, une prudence méthodique illustrée par la devise « embaucher lentement, mettre fin rapidement » ; de l’autre, des entreprises audacieuses lançant des recherches confidentielles pour pivoter ou accélérer leur offensive américaine.
Mais alors que nous entrons en 2026, les règles du jeu changent à nouveau. Nous passons d’une période d’observation à une période de vélocité stratégique.
Le « Silver Tsunami » n’est plus une prévision, c’est une réalité opérationnelle. La volatilité commerciale n’est plus un risque à surveiller, c’est une condition de base qui exige de l’action. Les candidats « intentionnels » que nous avons vu émerger en 2025 ne cherchent plus seulement la stabilité; ils cherchent l’impact.
Basé sur notre intelligence de marché et nos mandats au Canada, aux États-Unis et en France, voici les cinq virages qui définiront la recherche de leadership en 2026.
Le transfert de richesse des fondateurs vers une nouvelle classe d’acheteurs – Fonds, Family Offices et Repreneurs – s’accélère. Cependant, le risque de ces transactions s’est déplacé.
Ce n’est plus seulement une question d’ingénierie financière, mais d’ingénierie humaine.
Nous prédisons que 2026 sera définie par le « Operator Gap » – ce vide de leadership créé lors du départ d’un fondateur. Mais la due diligence humaine va au-delà de l’individu; elle exige une lecture du contexte de l’entreprise.
C’est ce contexte organisationnel qui définit pour beaucoup les contours du profil recherché. Les acquéreurs réalisent qu’acheter des flux de trésorerie ne signifie pas acheter une organisation fonctionnelle.
Conséquemment, les mandats de recherche pivotent : on cherche moins de « gestionnaires » généralistes et plus d’ Intégrateurs. Ce sont des opérateurs capables d’opérer dans cette réalité spécifique sans l’intuition du fondateur.
Le constat : En 2026, la Due Diligence Humaine deviendra aussi critique que la Due Diligence Financière.
Avec les tarifs et l’instabilité géopolitique en toile de fond, les entreprises ne peuvent plus dépendre uniquement de l’exportation. Elles doivent avoir une présence locale.
Canada à USA : Nous observons une « fuite vers la qualité » où les firmes canadiennes contournent les frictions commerciales en recrutant directement du leadership en développement des affaires (BD) en sol américain.
France à Canada/USA : Pour les firmes européennes cherchant à acquérir des actifs en Amérique du Nord, le défi est culturel. On ne peut pas simplement parachuter un exécutif du siège social dans une filiale étrangère.
Le succès en 2026 nécessitera une lecture fine des différentes cultures. Il repose sur «l’acculturation» – trouver des leaders locaux capables de naviguer à la fois les nuances du marché local et les exigences de reporting et culturel d’une société mère internationale.
Après une année d’opérations « lean » et de gels d’embauche, la demande pour les rôles de support est de retour. Alors que le capital redevient accessible, les organisations cherchent à réinvestir dans leur colonne vertébrale – spécifiquement en Marketing, RH et TI. Toutefois, ce n’est pas un retour à la frénésie d’embauche de volume de 2021.
Le mandat pour 2026 est de dérisquer l’investissement. Les entreprises cherchent des leaders fonctionnels qui agissent comme des « Architectes de l’Efficacité ». L’objectif n’est pas de bâtir des équipes massives, mais de trouver des leaders capables de tirer levier de l’IA, de l’automatisation et des outils modernes pour livrer des résultats supérieurs avec une structure légère.
L’avenir appartient aux leaders de centres de coûts qui comprennent que leur rôle n’est plus seulement de supporter l’entreprise, mais de multiplier sa capacité grâce à la technologie.
Alors que le secteur de la construction résidentielle demeure volatile, nous assistons à une explosion des projets liés à la souveraineté économique : minéraux critiques, infrastructures énergétiques et Partenariats Public-Privé (PPP).
Ce ne sont pas des mandats de construction standards. Ils exigent un profil de leadership sophistiqué : des exécutifs possédant l’agilité du secteur privé, mais l’acuité politique nécessaire pour naviguer des cartes de parties prenantes publiques complexes. Alors que le Canada mise sur son autosuffisance, la compétition pour ces leaders « hybrides » sera féroce.
Nous avons longtemps prôné le modèle EOS du CEO « Visionary » et du COO « Integrator ». En 2026, nous voyons ce modèle s’appliquer d’urgence au bureau du CFO.
Dans plusieurs PME, le CFO est prisonnier de la minutie des fins de mois et de la conformité, l’empêchant d’agir comme un véritable partenaire stratégique pour le CEO. Pour corriger cela, nous prévoyons une hausse de la demande pour des Contrôleurs Corporatifs de haut niveau agissant comme « Intégrateurs Financiers ».
En recrutant un numéro deux solide pour verrouiller la fiabilité des données, les organisations libèrent leur CFO pour se concentrer sur la stratégie de capital, les M&A et les relations externes. C’est la seule façon pour la fonction finance de scaler au rythme du marché.
Dans un marché volatile, le plus grand risque pour votre stratégie n’est pas financier. Il est humain.
Dérisquer le talent demande plus qu’un CV : cela exige une acculturation profonde et une maîtrise du contexte. Nous trouvons les leaders qui ne font pas que remplir un poste, mais qui s’imbriquent dans votre réalité. Assurez-vous que vos mouvements les plus audacieux en 2026 soient aussi les plus sûrs.
Prêt à dérisquer votre prochain recrutement ?